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La lettre d'information des Archives Poincaré (octobre 2020)

Vie du laboratoire

Mardi 13 et mercredi 14 octobre se tiennent à Nancy (amphithéâtre du site Léopold de la présidence de l'université) les journées OMEKA 2020. Rassemblant la communauté des utilisateurs d'OMEKA, un des principaux outils d'édition et de valorisation de corpus, de fonds, d'archives et de bibliothèques numériques, ces journées seront consacrées aux projets scientifiques, culturels ou documentaires réalisés avec ce logiciel. Parmi les nombreuses conférences à entendre durant ces deux jours, Pierre Couchet, Julien Muller et Frédéric Soulu reviendront sur leur travail dans le cadre du projet Bureau des longitudes, tandis que Nicolas Lassolle et Pierre Willaime aborderont des questions autour d'OMEKA-S et de la sémantisation. Ces journées sont organisées par les Archives Henri-Poincaré, le projet LUE OLKI, la MSH Lorraine et l'INIST, en partenariat avec le laboratoire THALIMM, l'Espace Mendès France de Poitiers, l'UMR Litt&Arts et la bibliothèque interuniversitaire Cujas.

Christophe Eckes (ci-contre) vient d'être élu membre de la section sciences, histoire des sciences et des techniques et archéologie industrielle du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS). Toutes nos félicitations !

Notre collègue Anthony Feneuil (laboratoire Ecritures, Metz), soutiendra le 19 octobre son habilitation à diriger des recherches, sous le titre : Les puissances de l'incertain, avec comme garant Christophe Bouriau. Nos félicitations anticipées !

Nous accueillons trois nouveaux doctorants contractuels ce mois-ci : Hala Khassiba (dir. Philippe Nabonnand & Laurent Rollet, contrat Région Grand-Est), sur la constitution d'un pôle universitaire informatique à Nancy (1950-1980) ; Maxime Madouas (dir. Catherine Allamel-Raffin & Jean Masson, INRAE Colmar, contrat Région Grand-Est), sur les recherches participatives dans le domaine de l'environnement ; Hugo Rimeur (dir. Cyrille Imbert, contrat ED SLTC UL), sur la dés-individualisation de la notion de connaissance. Bienvenue à eux !

Séminaires et groupes de travail

Le programme des Grandes conférences des Archives Henri-Poincaré jusqu'à janvier est disponible en ligne à : http://poincare.univ-lorraine.fr/fr/grandes-conferences-des-archives-henri-poincare

  • Séminaire Psychologie et politique : lundi 05 octobre à 18h30, Didier Fassin (Princeton University / Collège de France), "Que peut-on apprendre des théories du complot ?", conférence en ligne
  • Séminaire OccURD (Trajectoires d’universitaires et reconfigurations disciplinaires durant l’Occupation et l’immédiat après-guerre) : mardi 13 octobre à 10h, Arnauld Chandivert (Université Paul-Valéry Montpellier 3), "Les engagements savants pendant la Seconde Guerre. Notes d'un ethnologue sur le métier d'historien", conférence en ligne
  • Séminaire d'épistémologie sociale et formelle : mercredi 14 octobre à 13h, Floriana Gargiulo (GEMASS, Groupe d’Etude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne), "Gender inequality can emerge even without explicit discriminatory mechanisms", Paris 6e, Maison de la Recherche, 28 rue Serpente
  • Séminaire de recherche sur les sciences et les technologies : lundi 19 octobre à 17h30, Catherine Allamel-Raffin, "Le rôle des savoirs tacites dans les processus expérimentaux : une étude comparée en physique des surfaces et en archéologie", Strasbourg, Faculté de philosophie, 7 rue de l'Université, et en ligne
  • Séminaire "Malaise dans la civilisation ?" : mardi 20 octobre à 16h, Strasbourg, Hôpital civil, bâtiment d'anatomie, salle 16
  • Grandes conférences des Archives Henri-Poincaré : mercredi 21 octobre à 18h, Andrew Arana (Archives Henri-Poincaré), "Le fini et l’infini : perspective occidentale, perspective japonaise", Nancy, Campus Lettres et Sciences Humaines & Sociales, salle G04
  • Groupe de travail Connexions et théories de jauge : jeudi 22 octobre à 16h, Vandoeuvre-lès-Nancy, IREM de Lorraine

Manifestations

  • Journées OMEKA 2020, 13-14 octobre 2020, Nancy [en savoir plus]
  • 12e colloque français de philosophie des mathématiques, 5-7 novembre 2020, Nancy [en savoir plus]Workshop "Instruments et « artistes » du Bureau des longitudes", 1er décembre 2020, Observatoire de Paris
  • Journée "Nécessité ou contingence de Jules Vuillemin", février 2021, Nancy
  • Colloque "Drôles d'objets. Un nouvel art de faire", 29 mars – 1er avril 2021, La Rochelle [en savoir plus]
  • Séminaire "Richard Swinburne on Divine Mind and Human Soul. A Metaphysical Seminar on and with Richard Swinburne", 2-4 mai 2021, Nancy
  • Colloque MultiScienceS, 15-17 juin 2021, Nancy
  • Journée "τὰ μεταξύ - Les Intermédiaires Mathématiques", 22 juin 2021, Nancy [en savoir plus]

Hors les murs

  • 01 octobre, Jonathan Simon : "Penser le médicament autrement : La philosophie de la pharmacie et la philosophie des techniques", Les Jeudis de l'HPS, Paris, ENS
  • 02 octobre, Roger Pouivet : "Restaurer Notre-Dame de Paris (ou la place Stanislas) à l’identique ?", Nancy, Académie de Stanislas [texte en pdf]
  • 06 octobre, Olivier Bruneau : "Les dynamiques d'une offre locale d'enseignement : le cas des mathématiques à Metz (1750-1870)", Séminaire du Centre François Viète, Nantes
  • 07 octobre, Mathieu Marion & Amirouche Moktefi : "The genesis and early reception of Carroll’s paradox of inference", Seminar: The Adoption Problem and the Epistemology of Logic, Saul Kripke Center, New York
  • 08 octobre, Jospeh Vidal-Rosset : "Syntaxe, sémantique et arguments philosophiques", 10e Rencontres Philosophiques de Langres, "Le langage"
  • 13 octobre, Jonathan Simon : "Histoire et philosophie du médicament en France, de 1803 à nos jours", Séminaire du Centre François Viète, Nantes
  • 14 octobre, Martina Schiavon : "Les membres artistes et officiers du Bureau des longitudes, à propos de la division du cercle (1795-1900)", journée sur les mathématiques professionnelles (16e - 19e siècles), Laboratoire de mathématiques de Lens
  • 15 octobre, Alexandre Métraux : "La vie à tout prix oule droit à une mort digne", conférence organisée par la Société allemande de psychanalyse, Heidelberg
  • 17 octobre, Martina Schiavon : "Le Bureau international des poids et mesures, vers 1920. Regards institutionnels", Symposium Charles Edouard Guillaume, Sévres, BIPM, pavillon de Breteuil
  • 19 octobre, Céline Fellag Ariouet : "Marie Curie, the International Radium Standard and the BIPM", webinaire à l’occasion du 60e anniversaire de la création du Département des Rayonnements ionisants au Bureau international des poids et mesures, https://zoom.us/j/97587283259

Du côté des projets

Une très bonne nouvelle : le projet CRISP (Les enjeux d'intégrité scientifique dans les pratiques de recherche), déposé par Stéphanie Ruphy, et dont la partie nancéienne sera coordonnée par Cyrille Imbert, a été retenu par l'ANR. Toutes nos félicitations !

Le 20 octobre commencent les séances du séminaire du projet ANR E-NDP - Notre-Dame de Paris et son cloître (porté par le LaMOP et dirigé par Julie Claustre et Darwin Smith), auquel a été invitée à participer Anne-Françoise Schmid, pour son expertise épistémologique.

Le site web "Les procès-verbaux du Bureau des longitudes (1795-1932)" (http://bdl.ahp-numerique.fr/) a été mis à jour. Les transcriptions des procès-verbaux ont été ajoutées pour les années 1920-21. Vous y trouverez également un nouveau focus : Collaborer pour diffuser les éphémérides astronomiques de l’Université de Coimbra : Manuel Pedro de Melo et Jean-Baptiste Delambre, par Fernando Figueiredo (traduit en français par L. Rollet). Par ailleurs, en complément du focus de Colette Le Lay signalé dans la lettre précédente (L’histoire du Bureau des longitudes de Guillaume Bigourdan) signalons que l’ensemble de l'Histoire du Bureau des longitudes publiée par l’astronome Guillaume Bigourdan entre 1928 et 1933 est en ligne à : http://bdl.ahp-numerique.fr/source-histoire. Il s’agit d’une édition préparée par Nicole Capitaine et Colette Le Lay. Enfin, Céline Fellag Ariouet organise un symposium sur Charles Edouard Guillaume, célébrant le centenaire de son prix Nobel. Il aura lieu le samedi 17 octobre au BIPM et Martina Schiavon y fera une intervention. Plus d'informations sur : https://www.bipm.org/en/news/full-stories/2020-03-guillaume.html. Toutes les personnes intéressées pourront suivre le Symposium à distance en s’inscrivant à partir du lien suivant : https://zoom.us/webinar/register/WN_GqIVXrzdTQS0bSKK67IfkA

Grand public

Dans le Focus de septembre de l'Université Virtuelle Environnement & Développement durable (UVED), on reparle des échanges entre Pierre-Henri Gouyon et Denis Grison autour du principe de précaution. L'occasion de revoir ces vidéos, disponibles en suivant ce lien.

Anna Zielinska a participé à la table ronde organisée par l'Espace Bernard-Marie Koltès à Metz, à la suite du spectacle 40°sous zéro (textes de Copi, mise en scène de Louis Arène, Cie Munstrum), jeudi 8 octobre, autour des thèmes : « Identité, Genre ? ». La discussion a été animée par Pascal Tisserant, MCF à l'Université de Lorraine et Vice-Président Egalité-Diversité de l'Université de Lorraine.

Nous avions oublié d'en parler, mais vous pouvez toujours retrouver des contributions d'Anna Zielinska (avec Laurent Koessler : Le changement des mentalités doit continuer) et d'Alexandre Hocquet (Comment s'organise la science dans l'urgence : le temps a changé) dans le numéro hors-série de Factuel, Crise sanitaire :  qu'avons-nous appris ?, paru à la fin du mois d'août.

Anne-Françoise Schmid a participé à la préparation d'un film pour la prochaine fête de la science à la Gaîté Lyrique, avec l'équipe du Laboratoire CoDesign Lab de Télécom Paris Tech. Elle y a parlé des OGM.

Vient de paraître

Yamina Bettahar (dir.), Universités et grandes écoles. Circulations internationales étudiantes et scientifiques d'hier à aujourd'hui, Presses Universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine, coll. "MSH Lorraine", 2020. [présentation sur le site de l'éditeur]

Le phénomène de mobilité et circulation internationale estudiantine et scientifique est un phénomène ancien. On peut considérer que le début du XIXe siècle marque le départ d'une expansion significative. Au cours de ces dernières décennies, ce phénomène s’est accéléré et constitue aujourd’hui un enjeu important pour les établissements d’enseignement supérieur (universités et grandes écoles) européens et internationaux, confrontés à un mouvement continu de réorganisation institutionnelle, sommés de relever les défis liés à l’internationalisation et à la mondialisation des échanges universitaires et scientifiques.

L’objet de cet ouvrage est de confronter les travaux de chercheurs issus d’horizons différents afin d’apporter des points de vue distanciés susceptibles d’éclairer les mutations actuelles autour de ces questions et de présenter des expériences de mobilité et de circulation vécues dans différentes configurations et contextes.

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  • Amirouche Moktefi, “De l’imagination nécessaire pour encercler un concept”, in J.-Y. Béziau & D. Schulthess (eds.), L’imagination : Actes du 37ème Congrès de l'Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française, Londres : College Publications, 2020, 45-60.
  • Anne-Françoise Schmid, "Préface", in François Laruelle, Clandestine Theology, translated by Andrew Sackin-Poll, London, Bloomsbury, 2020, vi-xi.
  • Joseph Vidal-Rosset, "Anselme et Descartes, Deux Arguments Logico-théologiques [Anselmo e Descartes, Dois Argumentos Lógico-teológicos]", Revista de Filosofia moderna e contemporânea, v. 8 n. 1 (2020): Dossiê “Formas da Razão”. https://periodicos.unb.br/index.php/fmc/article/view/31015/26518

Zoom ... sur le projet d'Andrew Arana

Je suis philosophe des mathématiques et logicien. J’ai obtenu mon doctorat à l’Université de Notre Dame aux États-Unis en 2004, le premier doctorant du programme de logique et les fondements des mathématiques, géré par le département de philosophie et le département de mathématiques. J’ai enseigné depuis ma thèse à Stanford University, Kansas State University, et University of Illinois à Urbana-Champaign aux États-Unis, en tant que assistant professeur et ensuite associate professor de philosophie, avant mon arrivée en France en 2014. J’ai exercé comme chercheur à IMéRA à l’Université Aix-Marseille de 2014 à 2015, et de 2015 à 2020, maître de conférences en philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

Je vais décrire deux de mes projets scientifiques. Le premier concerne la pureté des méthodes. Considérons par exemple le problème d’Apollonius : étant donnés trois cercles dans un plan, construire un cercle tangent aux trois à la fois. Descartes apporta à ce problème une solution algébrique, en représentant la configuration des cercles au moyen d’équations polynomiales, en résolvant ces équations, puis en traduisant géométriquement en retour la solution obtenue. On peut dire que les solutions géométriques au problème d’Apollonius sont pures, tandis que la solution algébrique de Descartes est impure, parce qu’elle démontre une vérité au moyen de notions extérieures au domaine sur lequel porte cette vérité. Toutefois, pour Descartes, la solution qu’il propose au problème d’Apollonius dévoile la vraie nature de ce problème. La pureté des méthodes mathématiques ne consiste donc pas simplement à respecter les divisions traditionnelles entre les différentes branches mathématiques, puisque la voie cartésienne fonde justement la pureté sur la remise en cause de ces divisions. De même, Poincaré, notamment dans ses travaux sur le théorème d’uniformisation, combine la topologie, l’algèbre, et l’analyse, et montre que cette combinaison est conforme au contenu du théorème bien compris. On peut ainsi parler de pureté « topique » : elle consiste à faire émerger une méthode caractéristique du contenu propre au théorème à démontrer. La question de la pureté des méthodes, on le voit, relève donc à la fois de l’étude de la pratique mathématique, de l’histoire des mathématiques et de la philosophie de la connaissance. Mon but, à cet égard, est triple : il est tout d’abord de continuer à analyser les différentes versions philosophiques de la pureté en mathématiques, d’Aristote jusqu’à aujourd’hui. Il est ensuite de discuter la valeur épistémique attribuée à la pureté, en la comparant aux idéaux d’explication et d’unification en mathématiques. Il est, enfin, de dégager l’idée qu’un contenu de connaissance est à comprendre comme l’invariant commun à des méthodes de preuve différentes.

Je m’engage aussi dans un projet sur la création mathématique et en particulier sur la création de l’infini. Le but de la théorie de la démonstration depuis Hilbert est précisément de prouver qu’un esprit fini peut manipuler l’infini sans contradiction. Cette idée fut notamment reprise par Gaisi Takeuti, un logicien de premier rang, qui s’est en même temps inspiré de l’école de Kyoto - l’école de Nishida, le philosophe japonais le plus célèbre du XXème siècle. Pour Takeuti, les mathématiques modernes, qui portent principalement sur des entités transfinies, sont néanmoins l’oeuvre d’esprits finis, car ces derniers peuvent, par « auto-réflexion », réfléchir l’infini dans le fini. Cette auto-réflexion, commune aux être finis et à Dieu, constitue un type spécifique d’intuition que formalise à sa manière la théorie de la démonstration. J’ai ainsi été conduit à m’intéresser à l’école de Kyoto et à sa philosophie de la religion, au point de faire récemment cinq voyages de recherche au Japon.

 

 

Prochaine lettre en novembre 2020 -- Vous pouvez également vous inscrire à notre liste de diffusion

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