Vie du laboratoire
Nous accueillons prochainement deux nouvelles stagiaires Orion à Nancy, toutes deux issues de Master 1 Philosophie. Mathilde Chazaud va travailler avec Conor McHugh sur un projet intitulé "La déduction est-elle un style de raisonnement au sens de Hacking ?", de mi-avril à mi-juillet. Louane Valentine travaillera quant à elle avec Margaux Adloff sur les questions relatives au concept de responsabilité morale face aux IA agentiques (ex. Responsibility gap…), de début mai à fin juillet. Enfin le projet MSHL CroCo accueille Lamia Sebbah (M2 Métiers du Livre et de l’Édition), qui sera encadrée par Sandra Bella et Daniel Fischer (CRULH) sur le projet d'édition de la correspondance de Jean-Pierre de Crousaz : elle sera parmi nous jusqu'en juillet. Bienvenue à toutes les trois !
Nous avons le plaisir de signaler la naissance d'un nouveau cycle, intitulé Qu'est-ce que soigner veut dire ?, organisé par le club de recherche ORION San/sociéTé en partenariat avec le Réseau Jeunes Chercheur·es Santé Société, qui vise à interroger la multiplicité des dimensions du soin en croisant diverses perspectives théoriques, empiriques et expérientielles, en lien avec la santé, le corps, l’environnement et les relations aux humains et non-humains. La première rencontre, "Penser le soin à travers la prévention sport-santé et les activités physiques adaptées", aura lieu le 29 avril (cf. ci-dessous dans les séminaires).
À noter sur vos tablettes : l'atelier Philosophia Scientiae 2026 aura lieu le vendredi 3 juillet, à Nancy, site Libération, salle internationale (324). Et avant cela, une journée d'études en ligne autour du volume Reconfigurations robotiques paru dans la revue le mois dernier aura lieu le lundi 4 mai. La présentation de cette journée et le lien vers le formulaire d'inscription (obligatoire) sont accessibles sur cette page.
Le programme Philosofictions se poursuit avec un dispositif #3, Fictions en recherche, consistant en interviews de chercheur·es des Archives Henri-Poincaré et d'ailleurs, à propos des fictions : on découvrira ainsi ce qu'ils en pensent, en font, voire comment ils la pratiquent. Pour débuter cette série, réalisée par Méline Godard, c'est Eddie Smigiel, physicien et romancier, qui ouvre la danse. Son interview est à retrouver ici.
Enfin, on ne veut rien dévoiler, mais il se peut que la prochaine lettre soit un peu spéciale. Un indice ? Cette lettre d'avril est la 99e lettre d'information des Archives Henri-Poincaré...
Séminaires et groupes de travail
- Grandes conférences des Archives Henri-Poincaré : mercredi 1er avril à 17h, Julie Jebeile (Universität Bern), "Quelles innovations technologiques face au changement climatique ?", Strasbourg, MISHA, et en ligne
- Séminaire Philosophical aspects of computer sciences - Ethics, Norms & Responsibility : jeudi 2 avril à 16h, Wulf Loh (Universität Tübingen), "Generative AI and Epistemic Injustice", en ligne
- Séminaire Réflexions : vendredi 3 avril à 13h30, Philippe de Groote (Loria), "Discours et démonstrations" & Baptiste Mélès (Archives Henri-Poincaré), "La linguistique des assistants à la démonstration", Nancy, Archives Henri-Poincaré
- Séminaire Épistémologie comparée des formes de production de l'objectivité scientifique : mardi 7 avril à 17h, Alexandre Di Carlo (Strasbourg), "Objectivité scientifique et ostéopathie", Strasbourg, MISHA, et en ligne
- Séminaire Le mot du mois : jeudi 9 avril à 12h15, François Kammerer, "Conscience", Nancy, bibliothèque du laboratoire
- Séminaire Codes Sources : jeudi 9 avril à 14h, Mathilde Fichen (Ht25, CNAM), "Histoire d'un langage de programmation pour l'intelligence artificielle", salle de séminaire du plateau SCAI, 1er étage du bâtiment Esclangon, site de Jussieu, Paris, et en ligne
- Cycle "Qu'est-ce que soigner veut dire ?" : mercredi 29 avril à 18h, Flavien Bouttet (Université de Lorraine, TETRAS) & Aurélia Karleskind (Centre National de Rééducation Fonctionnelle et de Réadaptation, Luxembourg), Nancy, Campus Lettres et Sciences Humaines, salle G04, et en ligne [s'inscrire]
- Séminaire Le mot du mois : mardi 5 mai à 12h15, Pierre Willaime, "Numérique", Nancy, bibliothèque du laboratoire
- Grandes conférences des Archives Henri-Poincaré : mercredi 6 mai à 18h, Conor McHugh (Archives Henri-Poincaré), "Qu'est-ce qu'une inférence déductive ?", Nancy, Campus Lettres et Sciences Humaines, Bât. G, salle G04, et en ligne [s'inscrire]
- Cycle Épistémologie & communication scientifique : jeudi 7 mai à 14h, Andrée Bergeron (Muséum National d'Histoire Naturelle, Centre Alexandre Koyré), "De la critique au Stand Up. 50 ans de transformation de la question sciences et publics", jeudi 7 mai 2026 à 14h, EHESS, Campus Condorcet (Aubervilliers), 5e étage, salle C570, et en ligne [s'inscrire]
- Séminaire PANALM (Paris-Nancy Colloquium in Logic and the Philosophy of Mathematics) : mardi 12 mai à 14h, Paolo Mancosu (UC Berkeley), "Abstraction principles and part-whole: a retrospective survey", Paris, IHPST, Maison de la Philosophie-Marin Mersenne
Les vidéos des séminaires sont à retrouver ici : https://videos.ahp-numerique.fr/c/seminaires. Pour les Grandes conférences, c'est là : https://videos.ahp-numerique.fr/c/grandesconferences
Manifestations
- Grands modèles de langue : résonance ou raisonnement ?, 6 mai 2026, Nancy, Site Libération, salle Internationale (324) [en savoir plus]
- Colloque Épistémologie comparée des formes de production de l'objectivité scientifique, 14-15 décembre 2026, Strasbourg, MISHA
Signalons également l'organisation par Jean-Christophe Weber, en collaboration avec Tatiana Victoroff, Emmanuel Béhague, Samir Moinet, Magalie Risser et Suzel Meyer, de l'événement Chornobyl (Tchernobyl) 40 ans après en avril 2026 à l'Université de Strasbourg, dans le cadre de l'Institut thématique interdisciplinaire LETHICA. Cet événement inauguré le 7 avril et qui se déploiera jusqu'à la fin du mois comprend un important programme culturel (expositions, projections, rencontres, etc.) et se terminera par un colloque de deux jours au Studium (Strasbourg) dont le programme est à retrouver ici.
Vous pouvez comme toujours retrouver les vidéos de nos manifestations passées ici : https://videos.ahp-numerique.fr/c/colloques
Hors les murs
- 8 avril, Blandine Lagrut : "Natural Piety, Moral Horror, and the Meaning of Life", colloque L'athéisme et le sens de la vie / Atheism and the Meaning of Life, Centre Gilles-Gaston Granger, Aix-en-Provence
- 10 avril, Sandra Bella avec Daniel Fischer : "Préparer l'édition de la correspondance d'un savant du 18e siècle sur CENHTOR/Omeka S avec la plateforme Tactéo : le projet CroCo autour des papiers de Jean-Pierre de Crousaz", séminaire Humanités numériques du CRULH, Metz, Espace Rabelais
- 16 avril, Andrew Arana : "An introduction to purity of methods", Department of philosophy, Tsinghua University, Pékin, Chine
- 23 avril, Anna Zielinska : "Ludwik Fleck on Democracy and Objectivity in Sciences", Workshop Fleck in discussion, Université Ca’ Foscari, Venise
- 25 avril, Andrew Arana : "An introduction to purity of methods", Workshop on Philosophy of Mathematical Practices, Northwest University, Xi'an, Chine
- 27 avril, Daniel Eduardo Usma Gomez : "Abstrahentium non est mendacium: Thomas Aquinas' defense of mathematical truth", UniGR Graduate Conference in Philosophy 2026, Université de Liège
- 27 avril, Cédric Koch : "La bande dessinée Un printemps à Tchernobyl, témoigner et faire œuvre", colloque Chornobyl (Tchernobyl) 40 ans après, Strasbourg, Studium
- 28 avril, Matthias Dörries : "Le nuage de Tchernobyl", colloque Chornobyl (Tchernobyl) 40 ans après, Strasbourg, Studium
- 4 mai, Manuel Rebuschi : "Un statut moral pour les robots", Journée Reconfigurations robotiques, en ligne
- 12 mai, Matthias Dörries : participation à table ronde, Workshop: Addressing the Challenges of Existential Threats, Institute of Mediterranean Studies et The Foundation for Research and technology, Rethymno, Crete
Du côté des projets
Le projet CroCo lance un appel à communications pour un colloque les 20-21 novembre à l’université de Lausanne sur le sujet L’horizon du travail intellectuel saisi par la correspondance. Trajectoires en République des lettres et fabrique d’une œuvre chez Jean-Pierre de Crousaz (1663-1750). L'appel est à retrouver ici : https://crulh.univ-lorraine.fr/manifestations/lhorizon-du-travail-intellectuel-saisi-par-la-correspondance. Les propositions de contributions sont à envoyer jusqu'au 15 mai.
Sciences - société
Si vous n'avez pas pu assister à la restitution de l'atelier d'écriture Fictions philosophiques : penser et raconter demain, un beau moment de lecture chorale le lundi 30 mars, vous pouvez toujours consulter le texte sur la page de l'atelier. Et pour l'ensemble du programme Philosofictions, c'est sur cette page ! Vous y retrouverez également les interviews de chercheurs évoqués plus haut : elles seront annoncées dans cette lettre, mais n'hésitez pas à consulter le site pour avoir du nouveau.
Baptiste Mélès est intervenu en classe de Terminale au lycée Ernest Bichat de Lunéville le 2 avril, autour de l'intelligence artificielle. Le 10 avril, il était à Frévent (Pas-de-Calais), pour une conférence intitulée : "Jean Cavaillès, résistant et philosophe des mathématiques".
Claire Crignon était membre du jury de la finale régionale de Ma Thèse en 180 secondes, qui s'est tenue à Strasbourg le 9 avril dernier. Une expérience qu'elle a beaucoup appréciée !
Gerhard Heinzmann et Roger Pouivet donneront une conférence à deux voix sur "Nicolas d’Autrécourt : un philosophe audacieux du diocèse de Verdun", à la Société des Lettres de Bar-le-Duc, le jeudi 16 avril, à 18h15. Plus d'informations sur cette page.
Après une première édition le 1er avril, Alexandre Miot interviendra le 28 avril à 18h30 au Muséum-Aquarium de Nancy (amphi Cuénot) pour une conférence consacrée à "Paul Nicolas, des établissements Gallé à l'indépendance", dans le cadre des Causeries du Cercle Garen (Groupe d'action et de réflexion sur l'École de Nancy).
Le jeudi 30 avril à 18h30, au Planétarium de l'Université de Strasbourg, Manuel Rebuschi et Demian Battaglia (Université Aix-Marseille, actuellement fellow USIAS à l'Université de Strasbourg) donneront une conférence à deux voix intitulée "Peut-on télécharger nos cerveaux ?", dans le cadre des conférences Épique époque.
Le cycle Épistémologie & communication scientifique reprend ! La première séance de 2026 aura lieu le jeudi 7 mai, avec une intervention d'Andrée Bergeron, intitulée "De la critique au Stand Up. 50 ans de transformation de la question sciences et publics", exceptionnellement en hybride, en ligne et à l'EHESS. Le programme du cycle pour ce printemps est disponible sur la page dédiée.
Enfin deux publications. Tiago Ribeiro Santos a signé en mars un article intitulé : "Du mobilier scolaire flexible dès 1930" sur le site Cahiers pédagogiques, à propos des innovations techniques et esthétiques du mobilier scolaire dans les années 1930. Quant à Oliver Schlaudt, il a publié dans la revue Merkur un reportage sur le projet Cigéo à Bure et la résistance qu'il a provoquée, intitulé "Bure oder die Philosophie der Verzweiflung" ("Bure ou la philosophie du désespoir"). Bonne lecture !
Vient de paraître
Barbara de Negroni (coord.), Nelson Goodman, Cahiers philosophiques, 184, 2026. [présentation sur le site de l'éditeur]
Une grande toile de Tintoret recouvrant des objets mis au rebut dans les sous-sols de la cathédrale de Milan! Cette anecdote, relatée par Étienne Gilson, préfigure sans le savoir une des interrogations majeures formulées par Nelson Goodman. Le tableau ainsi détourné demeure certes un objet mais reste-t-il également une œuvre d’art? La question semble futile et un rien provocatrice. Au rebours d’une interrogation sur la nature intrinsèque de l’œuvre d’art, elle ouvre pourtant un vaste champ de réflexion sur les conditions qui permettent à un artefact de « fonctionner » ou non, comme une œuvre d’art.
L’art aussi bien que la science, quoique selon des modalités différentes, sont pour Goodman des systèmes sémiotiques qui produisent connaissance et compréhension non parce qu’ils seraient des médiations vers la réalité même mais parce qu’ils sont des « agents qui produisent et posent des mondes qui leur sont propres ». À la manière de la maquette d’une ville qui donne une certaine prise sur celleci ou d’un modèle scientifique qui permet d’explorer les conséquences d’une hypothèse. Que l’on partage ou non son rejet d’une métaphysique réaliste, la lecture de Goodman dessille petit à petit le regard car elle explore l’étendue des compétences sémiotiques que nous mettons sans cesse en œuvre dans notre relation au monde, que celle-ci passe par les mots ou par les images.
Un volume avec des textes de Julia Beauquel, Sandrine Darsel, Alexandre Declos, Alexis Anne-Braun, Guillaume Schuppert, un entretien avec Roger Pouivet et un texte "introuvable" de Nelson Goodman traduit et présenté également par Roger Pouivet. La table des matières du volume est à retrouver ici.* * *
- Eric Jacques, "Une femme de science à part : Marie-Anne Paulze (1758-1836), épouse Lavoisier (1771-1794)", L'Actualité chimique, 512 (mars 2026), 26-31. https://new.societechimiquedefrance.fr/wp-content/uploads/woocommerce_uploads/2026/03/Jacques-HD-r1nkri.pdf
Zoom sur ... La syntaxe logique du langage, de Rudolf Carnap
La publication très récente de la traduction française, par Jacques Bouveresse (texte établi par Pierre Wagner), de l'ouvrage majeur de Rudolf Carnap, La syntaxe logique du langage (1934), nous a semblé justifier qu'un zoom lui soit consacré. Baptiste Mélès, qui a participé à l'édition du volume, le présente ci-dessous.
Quatre-vingt-douze ans après sa parution originale en 1934, la Syntaxe logique du langage de Rudolf Carnap (1891-1970), texte majeur de l'histoire de la philosophie du XXe siècle, est aujourd'hui mise à la disposition du public français, traduite par Jacques Bouveresse (1940-2021), l'un des plus éminents acteurs de la philosophie analytique française.
L'ouvrage de Carnap, publié en allemand en 1934, est immédiatement devenu un classique de la philosophie. Carnap y soutient la thèse provocatrice selon laquelle la philosophie doit s'appuyer sur l'analyse syntaxique des concepts et des propositions de la science, c'est-à-dire sur l'examen formel de la formation et de la transformation des expressions scientifiques. Carnap généralise ainsi, en l'étendant à toute langue, la méthode hilbertienne de mathématisation du langage mathématique. Pour ce faire, il construit deux langues artificielles, appelées I et II, montre que la première permet d'exprimer sa propre syntaxe et la seconde toutes les mathématiques et la physique classiques, avant de poser les bases d'une syntaxe générale s'appliquant à tout langage possible — ceux-ci pouvant être créés dans la liberté la plus totale, selon ce qu'il appelle le « principe de tolérance ». Ces bases méthodologiques étant posées, la philosophie pourrait devenir une discipline rigoureusement scientifique.
Cet ouvrage est crucial pour comprendre non seulement une partie importante de la philosophie analytique du XXe siècle — Tarski, Quine, etc. —, qui s'est construite dans la discussion avec lui, mais également d'autres auteurs non affiliés à cette tradition. Dès 1935, le jeune philosophe des mathématiques français Albert Lautman, dans son compte rendu du Congrès international de philosophie des sciences de 1935, observe que l'ouvrage de Carnap a déjà fait école. Ce livre que, dans sa lettre du 4 novembre 1942 à Lautman, Cavaillès appellera « notre vieil ennemi », est une clef importante pour comprendre l'œuvre des deux philosophes français, excellents germanistes.
Mais si l'ouvrage a presque immédiatement connu une importante diffusion dans le monde anglophone, grâce à sa traduction dès 1937, l'absence de version française de ce texte très technique a sans doute, en plus de raisons biographiques — les décès prématurés de Couturat, Nicod, Herbrand, Lautman et Cavaillès — et institutionnelles, contribué au retard de l'importation en France des auteurs, problèmes et modes de discussion analytiques.
L'un des principaux contributeurs de l'importation de la philosophie analytique en France, Jacques Bouveresse, a réalisé une traduction française de l'ouvrage en 1970-1971 et s'est engagé à la publier chez Gallimard, une fois rédigées la préface et les notes dont il avait le projet. À son décès en 2021, on trouva dans son ordinateur la première, mais non les secondes. Cinquante-six ans après sa traduction par Bouveresse, le texte a enfin pu être publié, grâce à la saisie intégrale du texte par Delphine Chapuis-Schmitz en 2003 et à la relecture experte et minutieuse de Pierre Wagner, assisté de Baptiste Mélès pour l'adaptation du code LaTeX aux normes éditoriales de Gallimard.
Rudolf Carnap, La Syntaxe logique du langage, traduit et présenté par Jacques Bouveresse, Paris, Gallimard, 2026. Note liminaire et établissement du texte par Pierre Wagner avec la collaboration de Baptiste Mélès. [présentation sur le site de l'éditeur]
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